Portraits croisés

De la benjamine à la doyenne…

de 17 à 95 ans…

            L’A.P.A.C. fait encore mieux que Tintin (qui s’adresse aux lecteurs  de 7 à 77 ans ) pour ce qui est de l’âge de ses adhérents ! En effet, entre les 95 ans de la doyenne, Éliane Wickleder-Maguin et les 17 ans de la benjamine, Héloïse de Ré, il y a 82 ans, excusez du peu ! Appliquons, comme cela est d’usage, le privilège de l’âge à Éliane.

Éliane est née en 1922. Après une enfance passée à Joeuf (54), elle vit depuis de très longues années à Onville (54) dans la riante, champêtre et lumineuse vallée du Rupt de Mad qui a toujours beaucoup inspiré sa veine artistique. Elle a cinq filles, cinq petits-fils et deux petites-filles. Elle n’a pas poursuivi d’études au-delà du B.E.P.C. mais sa curiosité toujours en éveil lui a permis de développer, avec succès et grand talent, de nombreuses passions artistiques tout au long de sa longue et riche existence.

Au premier rang de ces passions, la première, chronologiquement, est le chant dont, toute jeune, elle aurait aimé faire son métier; il s’en est d’ailleurs fallu de peu puisqu’elle obtient, en 1945, le premier prix d’un concours qui l’amène à exercer cette activité, avec un certain succès, durant trois années environ, au conservatoire de Nancy et à Radio Lorraine où elle se produit, seule au micro, une fois par mois. Un contrat lui est même proposé pour partir chanter aux Etats-Unis auquel elle doit hélas renoncer pour raisons familiales (à l’époque, il n’était pas question de partir si jeune aussi loin !). Ainsi prend fin son grand rêve de jeunesse…

Mais heureusement son grand amour de la musique trouve à s’exprimer autrement; elle dirige ainsi des chorales d‘enfants pour lesquelles elle écrit des chants, paroles et musique ; durant toute sa vie, et encore aujourd’hui, Éliane joue du piano ; elle peint aussi sans discontinuer, dans tous les styles, ne répugnant jamais à explorer de nouvelles techniques ou univers picturaux : il faut voir sa maison qui a tout l’aspect d’une galerie d’art !

Et puis Éliane écrit, beaucoup : des romans, des nouvelles et surtout de la poésie (voir les deux poèmes joints à cet article écrits à des périodes diamétralement opposées de la vie de notre poétesse). Mais il lui faut atteindre 90 ans pour enfin publier (grâce au soutien actif de l’APAC dont elle est depuis longtemps une fidèle adhérente) son premier recueil de poèmes, Pêle-Mêle, qui reçoit un excellent accueil et pour lequel elle est l’invitée de notre Café Littéraire de Metz, qui rassemble, ce jour-là, ses nombreux amis autour d’une très belle qualité d’écriture poétique et de beaucoup d’émotion.

Les goûts artistiques d’Éliane sont très variés et assez classiques: Mozart, Chopin, Gounod, Schubert (en musique), les impressionnistes (en peinture), Musset et Victor Hugo (en littérature). Malgré ses nombreux talents, elle est restée simple et modeste, elle aime la franchise et rejette les prétentieux ; elle aime surtout rire et faire rire ; sa devise est d’ailleurs : « Souris et l’on te sourira » et ceux qui ont la chance de la connaître bien peuvent témoigner que ce ne sont pas là que des mots…

Souhaitons à nos deux si sympathiques et talentueuses adhérentes et amies, une pleine réussite dans la suite de toutes leurs activités et créations artistiques ainsi qu’une vie toujours aussi riche et féconde où elles continueront à éclairer le monde qui les entoure de la lumière et du charme de leurs emblématiques sourires.

                               Bernard APPEL

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