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LE PAPILLON S’ENVOLE                                                                                                         Itinéraire de résilience                                                                                                             Lysiane GAST                                                                                                             

Tout commence dans ma belle campagne lorraine. Une enfance bousculée, un terreau affectif chancelant. Deux femmes merveilleuses, ma marraine et ma grand-mère vont devenir mes guides spirituels. Devenue adulte, ma quête d’amour est infinie et je le cherche partout, brutalement, sans discernement.. Sempiternelle soif de reconnaissance!

Mariages, divorces, deuils, ruptures, licenciements, les épreuves s’enchaînent. Quelle est donc cette force ou cette audace qui me permet d’affronter les embrouilles familiales, les traumatismes, les chagrins d’amour, la solitude? 

Tout doucement, je creuse le sillon de la résilience, avec en toile de fond la nature, cette terre nourricière et guérisseuse.

Mon sourire, carapace des gens écorchés se retrouve dans mes mots. C’est avec apaisement, authenticité et drôlerie que je vous livre cette mise à nu en forme de transmission.

LE PAPILLON S’ENVOLE.                                                                                                          Itinéraire de résilience                                                                                                                Lysiane GAST

 20 euros- 392 pages                                                                                                            en contactant l’auteur pour dédicace :  lysiane.coach@gmail.com  ou sur AMAZON

 

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Deux romans à dévorer… sinon rien!

À savourer avec délectation, les deux nouveaux romans de Jean-Paul DIDIERLAURENT et Gaston-Paul EFFA.

 

MALAMUTE                                                                                                                                                Jean-Paul DIDIERLAURENT       (Ed. Au Diable Vauvert – 18€ – 353 pages)

Le Malamute est une race de chien originaire d’Alaska souvent confondu avec le Husky auquel il ressemble tant… il est, dans une forme de huis-clos au cœur de la forêt des Vosges omniprésente dans ce roman, l’un des personnages principaux amenant le lecteur à pénétrer le lourd climat enveloppant soudain un village isolé par une terrible tempête de neige exceptionnelle.

Le vieux Germain vit seul dans une ferme, et sa fille lui impose de passer l’hiver avec Basile, lointain neveu, venant faire sa saison de conducteur d’engin de damage dans la station de ski proche.                                                                                                                      Dans la ferme voisine, où ses parents élevaient une meute de chiens de traîneaux quarante ans plus tôt, s’installe  une femme venue, elle aussi, faire la saison en tant que conductrice émérite de dameuse.                                                                                                                                Une terrible tempête de neige va plonger le village dans un isolement extrême et faire resurgir l’ombre des Malamutes dans ce lieu désormais coupé du monde…

C’est un roman prenant… envoûtant parfois que nous offre Jean-Paul DIDIERLAURENT avec MALAMUTE. Passionnante sont les histoires intimes de chacun des personnages enfermés dans ce huis-clos de neige… et l’issue, dans tout son drame révélé, est belle. Reste le personnage quasi central de ce vieil homme si attachant malgré son si lourd et douloureux secret… et la neige… toujours la neige…  À lire sans attendre!!  G.K.

 

L’enfant que tu as été marche à côté de toi                                                                         Gaston-Paul EFFA   (Ed. Gallimard/Continents noirs -19€ – 180 pages)

Le 11 décembre 2018, au marché de Noël, la ville de Strasbourg est frappée par un attentat terroriste. Témoin et victime de l’horreur, le narrateur croit sa dernière heure arrivée. Des bribes de son passé resurgissent alors, chargées d’émotions fortes et singulières.

Gaston-Paul EFFA saisit avec une grande et profonde justesse ces moments charnières au cours desquels se joue l’adulte futur. Il dit combien les retrouvailles avec l’enfant que l’on a été permettent de surmonter les blessures de l’existence et dire, voire comprendre, celle ou celui que nous sommes à l’âge adulte.

Nourri de réminiscences et de rêves d’exil, c’est un roman sur la résilience que nous offre Gaston-Paul EFFA… autorisant le lecteur à une forme d’introspection personnelle permettant de dépasser les frontières tantôt dramatiques, tantôt jubilatoires entre l’enfance et l’âge adulte.  À lire sans attendre!!  G.K.

 

 

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Printemps des poètes… Plumes de désir!

  DÉSIR

J’aurais tant à te dire
pourtant il faut me taire
que faire d’un souvenir
qui pourrait te déplaire ?

Ton corps avec le vent
tes mains avec la feuille
les formes du printemps
les saisons qui s‘effeuillent,

quand meurt à chaque instant
la voix qui m’était chère
quand passent avec le temps
les oublieux hivers :

n’entends-tu battre en toi
le cœur de mes silences
aussi vrai que mes bras
t’emportent dans mes danses

et qu’au ciel de mes pas
comme un éclat de rire
se glissent sous mes doigts
les ailes du désir…

Claude Ammann

Le Désir

Il était une fois … l’histoire d’une envie                                    

L’envie de voyage, l’envie d’aventure

L’envie prend corps, un carnet de voyage suffit …

Un désir pour oublier la vie dure

Aimer les terres et caresser les Monts

Sublimer les lacs, fleuves, torrents, mers, océans 

Parcourir les canaux et les rivières,

Sentir des fluides et des eaux

Gravir des vallons, montagnes, monts, sommets, glaciers

Des formes à toucher des pieds et des mains,

Les effleurer et les avoir pour soi,

Du Nord au Sud, le désir monte et monte

Pourtant, se ressent une chaleur parfaite,

Où est le Pic ? Pourtant les saints se vouent !

Il se tort dans le cirque du Silaos.

Dans les eaux de Kara, l’Oasis de Zagora.

Les ondées des fleuves coréens, se mêlent toutes à la mangrove.

Comme animal, le désir, la pulsion gonfle

Nul doute que l’on ne pense plus du tout, à l’Ouest …

Le plaisir arrive, là, le désir n’est plus

A l’Est, on vous aime aussi la Moselle,

la Meurthe, la Seille et la belle Plaine

Ruisselantes et réchauffées par le Dieu soleil

L’herbe n’y serait-elle pas plus verte ?

Corinne Derrieu        http://herbierdevie.e-monsite.com

 

APPRENDRE À SE DÉPRENDRE

Femme aux yeux colère,

femme aux yeux misère,

femme fragile et pourtant si forte,

femme gracile que le moindre souffle emporte.

Envie de la protéger,

envie de la libérer,

envie de venir,

envie de rester

et puis devoir partir,

à jamais s’en aller…

l’oublier… ?

Femme bonheur quand elle parle,

et qui fait si peur quand elle se tait,

femme au bord des larmes,

femme, envie de tant pleurer,

envie de la serrer,

envie de la bercer

et puis… ouvrir les bras

pour qu’elle parte…là-bas…

là-bas en deux coups d’aile,

où sa liberté l’appelle,

là où je ne serai peut-être plus

qu’un souvenir de plus…

Femme respectée.

Faire silence et reculer.

Apprendre à se déprendre,

désir apprivoisé…

Qu’il ne reste que le tendre

entre nos mains serrées.

Bernard APPEL

« Les désirs inaccomplis demeurent les plus beaux »                                                              

Pierre CHARBONNEAU,                                                                                                        journaliste, écrivain et homme politique québécois né en 1950

 

Le désir est le lien

où l’amour devient lierre.

Je saoule à son regard mes lisières de nuit noire ;

je l’entends qui gémit et délivre mes doigts.

Et tant et peu se donne

que toujours je m’étonne

que les grains de sa peau, sous ma main, s’abandonnent,

abreuvant les déserts

où ma vie s’emprisonne.

Bernard APPEL

Désir de vivre

Printemps des poètes,                                   

Entends l’espoir, j’aspire…

A son cœur, retenir,

Le monde des vivants.

Printemps, sois poète,

Sur ses yeux endormis,

Ouvre volets jolis,

Aux couleurs chatoyantes.

Printemps, pour cet être,

Laisse fleurs s’épanouir,

Et dépose un sourire,

Sur ses lèvres soupirantes.

Printemps, fait renaître,

Toute son âme engourdie,

Et corps endolori,

Au soleil réchauffant.

Printemps, d’un bouquet,

Quand s’éternise l’ennui,

Chuchote-lui la vie,

Dans un souffle de vent.

Printemps, dans sa tête,

Si vibre encore l’envie,

Sois désir infini,

Ne quitte plus son sang.

Nadine VELLA

Désir

Je te désire,

Inassouvi désir,

Dans océan de tendresse,

Va-et-vient inlassable,

Une vague, une caresse,

Déferlante, impalpable.

Je te désire,

Inassouvi désir,

A l’aurore, chaque jour,

Si belle promesse,

Merveilleuse liesse,

Que j’aimerai toujours.

Je te désire,

Inassouvi désir,

Sur cadran, à midi,

Aux rendez-vous manqués,

A tous ceux convoités,

Je t’appelle et te crie.

Je te désire,

Inassouvi désir,

Dans l’aube, enlacé,

A mon corps, attaché,

Eclairant crépuscule,

En lettres majuscules.

Je te désire,

Inassouvi désir,

Enivre mes peines,       

Coule dans mes veines,

Même vain, reviens,

Et sois mon refrain.

Je vous désire,

Inassouvis désirs.

Souvent insaisissables,

Parfois inavouables,

Mais jamais rébellion,

Et point de suspension.

Nadine VELLA

Caresses

Tissée de caresses la soie

De ta peau effleurée frissonne

Au couchant d’iris qui chatoient

Vers les gouffres où ils s’abandonnent

Pierre EYRIGNOUX

CHARMES DISCRETS

Les charmes ostensibles sont des allées battues

Où la beauté, sûre d’elle, n’est plus à découvrir                

Ce sont de beaux jardins parfaitement tenus,

Qui paradent toujours pour mieux vous conquérir.

Tu ignores le tien , ou feins de l’ignorer

Mais qu’importe après tout s’il sait nous abuser !

C’est un charme en jachère, c’est un jardin anglais

Qui voudrait nous faire croire qu’il est là sans apprêts …

Tu laisses au promeneur le long de tes bocages,

L’exquise liberté de s’y trouver en cage

En égrenant, perfide, durant ta flânerie

Çà et là aux talus tes sourires pâquerettes,

En creusant sous ses pas l’ornière de tes fossettes

Ou iront s’enliser toutes ses rêveries….

Tu passes devant lui, impériale ingénue,

Lointaine, indifférente à ses regards tendus,

Laissant parfois couler, entre les galets blancs,

L’impertinent ruisseau de ton rire sur tes dents…

Que du désir des yeux seulement il t’esquisse,

Et ta candeur blessée aux paupières exquises,

Légèrement rougit tes pommettes cerise..

Que lentement l’aurore de ta nuque se lève,

Le voilà renaissant chaque fois sur ta grève…

Que le vent sur la plage follement t’échevelle,

Il est l’amant jaloux dans tes mèches rebelles…

C’est un charme en jachère c’est un jardin anglais

Qui voudrait nous faire croire qu’il est là sans apprêt…..

Pierre EYRIGNOUX

 

EFFEUILLE QUI PEUT ! ou La Reine Marguerite

     ( Souvenir de «  la Villa des Roses » de Djidjelli )                                                     Comprenne qui pourra !

 

La Marguerite me cueillit

Blé en herbe dans la quinzaine ;

Grimpeuse de mâts de misaines

Elle avait pas mal navigué,

Et malgré ce prénom guindé,

Affichait des airs aguerris…

M’aima-t-elle un peu ou beaucoup,

Passionnément ou pas du tout ?

Ce n’était pas l’objet du deal,

Mais elle m’effeuilla sur le fil,

Eparpillant au p’tit bonheur

Tous les pétales de ma pudeur.

La fis-je grimper au rideau

Comme il est de mise au dodo ?

Je n’en doutai pas un instant

Dans la candeur de mes quinze ans… !

C’était une fleur de boxon        

Vendant l’extase aux garnisons

Qui me fit faire mes premières armes,

Gentiment, en m’offrant ses charmes…

Quand je voulus la régler pour sa peine

La Marguerite eut un geste de Reine,

Fleur qu’elle fit à l’homme nouveau né,

En refusant d’accepter sa monnaie.

Pierre EYRIGNOUX

«  Effeuiller la marguerite » : thème proposé à un concours de poésie  au cours d’un repas entre amis 

DÉSIR

Un soupir…

Je cueille la fleur de ton désir.

Sur tes lèvres,

Une fièvre.

Ton regard s’enflamme,

Me désarme…

Je rends les armes.                       

Elan de tendresse,

Puis… l’ivresse…

Je me délecte à ta source

Tu m’enlaces,

Tu m’embrasses.

Dans tes bras je me laisse emporter

Pour m’ancrer…

Jusqu’au vertige.

C’est si bon d’aller

Vers ce je ne sais quoi

Qui est, toi !

Maïté PETIT

DOUCEUR DU SOIR

Ce soir,

C’est un grand soir,

Je t’accueille vêtue de noir,

Je te reçois

Dans mes failles de soie,

Avec ferveur,

Avec ardeur.

Rien que du bonheur !

Fond de robe en dentelles

A fines bretelles,

Dessous nylon,

Dessous fripons,

Déshabillé de soie,

Je sens tes doigts…

Lustrine un peu coquine,

Tu me taquines…

Je deviens mutine, câline.

Moire, tulle,satin et taffetas,

Tout est pour toi !

Fripures fragiles

Pour mains agiles…

Tissus froissés

Pour homme pressé.

Quand tu te perds

Dans mes froufrous

Tu fais, j’espère,

Plus d’un jaloux !

Maïté PETIT

EMMENEZ-MOI

Oui, emmenez-moi encore dans votre univers,

L’univers flamboyant des poètes.

Emmenez-moi faire escale dans votre sphère !

Mon cœur est à la fête :

Il veut partager votre lumière

Et toucher à l’éphémère…

Je suis suspendue à vos accents si troublants !

Vos mots pudiques et mélancoliques

Me bercent et m’enchantent…

Bien plus qu’une amante

Je serai votre égérie,

Votre muse.

Simple rêverie ?

Atmosphère vaporeuse ?

Fugue nébuleuse ?

Oh !Oui, emmenez-moi au-delà de moi !…

Je suis à bout, je me noie,

Je suis à vous, je suis… à toi !

Maïté PETIT

Le désir

Je désire, tu désires, il ou elle désire

Mais quoi ?

Ce mot rime-t-il avec plaisir

Pouvoir, ambition

Ou encore sentiments ou évasion ?

Chacun d’entre nous a au fond de lui-même

Des désirs inavoués qui posent parfois problème

Et, en fonction des circonstances,

Des aspirations en alternance.

Il est des désirs diffus

Qui à un manque ressemblent

Ils nous rendent parfois confus

Et qu’on les découvre on tremble

Parfois, ce que tu désires

Moi je n’en veux pas                      

Et ce à quoi j’aspire

Toi tu le dénigreras.

Mais chacun, qu’il soit homme, enfant ou femme

Devrait avoir au fond de lui ce qui fait notre humanité

Ce désir d’espérer la paix, ce besoin d’entretenir la flamme

Qui avec de la bonté, de la sagesse et de la probité mène à l’équité.

Mais que voilà de belles paroles, direz-vous d’un air sceptique

Les hommes sont ce qu’ils sont et ne changeront jamais

Alors, cessons de rêver, soyons lucides, pragmatiques

Voyons les choses en face désormais.

Le désir de quoi est-il vraiment l’objet ?

Dans ce monde consumériste

Les derniers gadgets sont à la mode

Rares sont ceux qui résistent

A l’attrait de ces objets si commodes.

Pour les obtenir, l’argent est devenu roi          

On le désire donc sans honte

Puisqu’il est la plus courte voie

Pour y trouver son compte.

Argent et pouvoir vont de pair

Le désir d’y accéder est si fort

Que pour le satisfaire

Certains jouent les matamores.

Mais le plus souvent

A l’évocation du mot désir

On pense automatiquement

A l’amour et ses plaisirs.

Pourquoi, dans une profonde solitude

N’aspirerait-on pas tout simplement

À un peu de tendresse, de sollicitude

Pour égayer la vie suffisamment ?

Dans ce monde de conflits, de laideurs de toutes sortes

La recherche du beau dans la nature et les arts

Ouvrirait bien des portes

Pour dissiper le cauchemar.

Et, dans la triste période que nous vivons

N’avons-nous pas tous un seul désir :

Le besoin vital d’une évasion

Qui nous ferait à nouveau sourire ?

Geneviève BOBIOR-WONNER

 

La Première-Bouffée de Toi

À Natacha

Il dépose en Hommage ses Baisers-allumettes à la Naissance

de son Souffle, Lèvres Papier-à-cigarette, bien roulées, pour

prendre une première Bouffée de sa Bise-légère, de son

Âme-consacrée ; et part en Volutes de Fumée au Pays de ses

Yeux-Cieux, bercé entre Schumann et Stravinsky.

© Jean DORVAL

Extrait du recueil de poésie Le Test-Amant publié chez EDILIVRE en 2019

 

JE VEUX ÊTRE

Je veux être ta douceur, ton miel.

Je veux être celle que tu respires.

Je veux être celle qui te fait conjuguer

Désir et plaisir.


Je veux être celle qui partage

Ce débordement puissant,

Celle dont le corps épouse ton corps,

Ruisselante de désir, d’Amour.

Bercés comme le va-et-vient de la mer,

Puis inondés par la vague déferlante

Qui nous emporte

Dans un vertige,

Et nous laisse apaisés

Sur le rivage de l’Amour.

Colette LAVILLE-DEREAU

Extrait du recueil « Nuances de poésies amoureuses)

VIENS

Viens partager mon torrent d’Amour

Mes plus secrets désirs

Viens vers un ailleurs

Qui sait nous mener jusqu’à la liberté

Viens savourer le miel de mes rêves

Qui nous fait glisser vers le plaisir.

La nuit comme moi

A dénoué sa chevelure

La lune voilée

Est propice pour les amants.

Viens glisser ta main

Vers la rosée de mon corps.

Mais tu ne viendras pas

Tu as effacé mon visage

Sable mouvant

Emporté par le vent de l’oubli.

Colette LAVILLE-DEREAU

(Extrait du recueil « Nuances de poésies amoureuses »)

Le désir

Mais qu’est-ce donc cette sensation,

Qui soudain dans mon cœur cohabite,

Qui voluptueusement fait naitre ma passion,

Telle une fête palpite, s’agite, s’invite,

Fait des bonds, vagabonde,

Telle une onde blonde,

Au fin fond de mon ultime jardin,

Ruisselle le long de mes reins,

Furibond, fécond, sans perdre une seconde,

Déferle sur mon existence, me procure une joie intense,

Frissonne et charme les pétales de mes roses,

Qui sous son souffle éclosent,

Et voilà que mon âme s’enflamme,

Ah ! grande dame,                                              

Est-ce toi le désir ?

Si fin, si arrogant, si plaisant,

Qui déferle dans mon corps tel un océan,

Qui gronde sous l’horizon brûlant,

Caresse avec délicatesse mes lendemains,

Me pousse à siffloter un refrain,

Et soudain sans plus tenir, je me mets à écrire,

Cette grâce qui me fait sourire, rire, à ne plus tenir,

Des paroles frivoles qui papillonnent et s’étiolent,

Jusqu’à la douceur du petit matin.

Virginie JOTZ

Le désir

Le désir à n’en plus finir, à gémir, à frémir,

Le désir à nous trahir, à ne pas fléchir, à nous engloutir,

Qui se lit dans les regards unis de nuit,

Qui discrètement au petit jour s’enfuit,

Se réfugie sur les lacs argentés de nos rêves,

Que l’aube venteuse, menteuse soulève,

Le désir haletant des corps amoureux,

Qui s’arc boute comme un feu joyeux,

Qui sous les baisers inapaisés éclore,

Se découvre peu à peu comme un trésor,

Le regard piqueté d’étoiles qui se croise, s’apprivoise,

Qui s’enlace, qui se froisse, qui s’égare dans la lumière,

Le désir qui jaillit, qui gronde comme la mer,

Qui cogne et hurle dans le cœur avec splendeur,

Tandis que les heures s’égrènent et se meurent,

Et les corps assoiffés de caresse, de tendresse implorent,

Le désir qui dévore les chairs sous sa passion et aura raison.

Virginie JOTZ

 

Le plaisir de s’embrasser

Le plaisir de s’embrasser                                                                                                                      Je te demande pardon                                                                                                                          Oui, le plaisir de t’embrasser                                                                                                               Un million de fois, c’est trop bon

Je me demande parfois                                                                                                                   Quelle chance, les personnes                                                                                                                À toi, auprès de toi,                                                                                                                                Ont profit de ta personne?

Je voudrais, auprès de toi,                                                                                                                   Avoir, l’aventure d’une fois                                                                                                            L’espoir, d’un je ne sais quoi,                                                                                                       Pouvoir, simplement être avec toi

Je t’envie, je respire,                                                                                                                      J’aspire être avec toi                                                                                                                            Une douleur, un manque,                                                                                                                  Tu es trop loin de moi

J’étouffe, je supplie                                                                                                                                  Et pourquoi tout cela pour ça?                                                                                                           Ton amour, ta joie de vivre,                                                                                                               Tout cela est bien là-bas

À distance, je pense, je transcende                                                                                              Parfois c’est mieux comme ça                                                                                                          Pas de problème, pas d’ingérence                                                                                                    Au moins il n’y a pas le choix

Et oui je t’aime et pourtant                                                                                                                 Une petite voix me dit,pourquoi toi?                                                                                               Cela me bouleverse, cela m’enchante                                                                                              Tout ça c’est plus fort que moi

Paradis sur terre ? Connivence                                                                                                      Oui,au plus profond de moi                                                                                                               Oui, mon très cher, attirance                                                                                                          Union et face à face, toi et moi

Dans tes bras, pas de danse                                                                                                                Une vraie chance pour moi                                                                                                                  Accessoire, révérence                                                                                                                            Un pas de deux pour toi

L’amour nous mène, où ? Je ne sais pas,                                                                                    Envers et contre tout, je ne sais quoi                                                                                              Par-­ci, par-­là, et pourquoi ?                                                                                                               Nos cœurs se débattent, c’est trop pour moi

Je n’en peux plus, de tout cela                                                                                                              Et malgré tout, je te veux encore toi                                                                                                    Je t’espère, je rends grâce à notre amour                                                                                         Pour rien au monde, je n’arrêterai cela

Encore toujours,                                                                                                                                     Un petit peu de toi                                                                                                                                   Le plaisir de s’embrasser                                                                                                                       Le meilleur moment de toi

Le plaisir de t’embrasser                                                                                                                     Le meilleur moment avec toi                                                                                                            Dans tes bras, que toi et moi                                                                                                             Dans tes bras, l’amour voilà.

Anne-­Sophie CHARBIT CHENIQUE-­2013

 

Vision partagée

Délaisser le frisson qui t’anime                                                                                                         Ce soubresaut attendri et transi                                                                                                  Dormir un peu sur le flanc                                                                                                                    De l’autre côté du soleil                                                                                                            Doucement assoupir les doutes                                                                                                        Docile sinon soumis à ta loi

Et voir le monde à travers tes yeux                                                                                               Comme un songe éveillé qui ne finirait pas                                                                                         Dont les délices dorés capitent légèrement                                                                                        Et goûter le monde à travers ta bouche                                                                                 Comme une saveur sucrée s’instille durablement                                                                                 À la périphérie des lèvres subsiste ton parfum

Unique

Novembre 2010    

Guillaume PERNIN

Surprise du désir

 

Partie en balade dans la forêt

Jouxtant la maison,

Elle croit voir deux yeux,

Brillant dans les taillis,

Deux yeux qui semblent la suivre.

Elle poursuit sa promenade

Cherchant à son tour

Les yeux qu’elle avait cru voir.

Au détour d’un chemin,

Adossé à un châtaignier,

Elle aperçoit un grand chien, tout pelé,

Couvert de griffures et de morsures.

Elle prend pitié de lui et lui jette trois sucres

Qu’il ne touche pas.

Il reste assis, l’œil ouvert et brillant,

Le museau étiré vers elle, en attente.

Elle avance vers lui, il se couche au sol,

Tout tremblant.

Elle comprend son désir et fait demi-tour

Suivie pas à pas par celui qui désormais

Sera son compagnon.

Christiane  HARTWEG

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Michel TOURNEUR (1952-2012)

Michel TOURNEUR habitait à Annepont (17350). Il était né le 15 février 1952 à Saintes et s’est éteint le 18 août 2012 des suites d’une longue maladie.

Fils d’Yves TOURNEUR, Président fondateur de l’APAC, il fut avec son père à l’origine de la création de l’association. 

Ce recueil que nous transmet son frère Xavier TOURNEUR est dédié à sa passion pour l’écriture. Laissant à sa famille 23 poèmes, c’est en sa mémoire que s’est décidée l’édition d’un recueil les rassemblant… Car, en effet, “On n’écrit pas de poésie pour soi-même. Elle est faite pour dire et crier, pour pleurer ou chanter, pour être entendue des autres”. (Marguerite PUHL-DEMANGE)

En ce lendemain de la Saint Valentin, nous lui rendons hommage par ce poème choisi. G.K.

À TOI MON AMOUR

Lentement je m’étends sur ton bras qui m’enlace                                                                             Nous nous abandonnons au secret de l’ amour                                                                              Et je sais que déjà je t’aimerais toujours                                                                                       Tout comme le jour où j’étais ton lovelace.

Et mon corps sur ton corps allongé te rend grâce                                                                          De secousse en secousse nous finissons le jour.                                                                             Mais je suis obligé de quitter ce velours                                                                                   Attendant à demain pour reprendre la place.

Demain est déjà là et nous voilà tous deux                                                                                    Nu! tout nu avec toi je me sens amoureux                                                                              Montant douce vénus aux pays des merveilles.

De mon nez sur ta peau dont je sens le parfum                                                                 Doucement je caresse des beaux et doux seins                                                              Fiévreusement je baise tes lèvres vermeilles.

Michel TOURNEUR

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Francine GUCKERT – D’une rive à l’autre

D’une rive à l’autre – Poésie –                                                                                      Francine GUCKERT

… Ou la traversée de la vie                                                                                                                    En suivant les petits cailloux blancs                                                                                      Parsemés sur le chemin                                                                                                                         De notre quotidien.

Encapuchonnées dans notre sensibilité                                                                                           Nos émotions nous conduisent                                                                                                          Entre les herbes folles, les chardons,                                                                                                Les roses et les fleurs des champs                                                                                               Jusqu’à l’ultime étape de notre destin,

Là où nous deviendrons enfin                                                                                                              Ce que nous sommes…

D’une rive à l’autre – Poésie –                                                                                        Francine GUCKERT                                                                                                               18€ – 109 pages                                                                                 aguckert@numericable.fr

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Camille DHERSE – La vie, ça va… ça vient…

Camille DHERSE                                                                                                                                     La vie, ça va… ça vient… / Nouvelles, Fantaisies, Poésies  

La vie se déroule telle une histoire que le temps chahute. Et au bout du temps il y a tant à dire…                                                                                                                                                           “Née à trente-cinq ans”, Camille a déjà dit son parcours. Elle sait si bien parler des flammes, des joies, des bonheurs, des plongeons, des chagrins, des regrets, des moments de rencontre, de lumière et d’espoir.                               Adepte  du mot, de la virgule, du tiret, d’une grammaire qui suscite l’envie, depuis longtemps Camille invente de petites histoires, de celles qui vous ouvrent au rêve, au désir, à la folie… de celles qui sont faites de petits riens, mais de grands souffles aussi. Elle nous parle d’amour, de tendresse, de respect. Des mots qui n’ont plus cours si on ne les fait vivre.

La vie on la cherche si on veut la trouver. La vie on la trouve si elle vous est offerte. La vie on la prend si on sait la saisir.                                                                  Vous trouverez goût à la vie, celle qui va, celle qui vient… celle que dit Camille.

Camille DHERSE                                                                                                                           La vie, ça va… ça vient…                                                                                                  Nouvelles, Fantaisies,Poésies                                                                                                                111 pages -12€                                                                                                                                          www.lismavie.com                                                                                                                                     bod.fr  Camille Dherse

 

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Les si jolis voeux de notre fidèle adhérente Sylvie WEISSE…

            Vœux 2021

La coutume des vœux peut sembler dérisoire                                                                              Après l’An deux mil vingt qui fut triste à pleurer.                                                                              Ce virus dont le rôle est de nous séparer                                                                            Transforme tout désir en promesse illusoire.

Je voudrais que chacun contre l’adversité,                                                                        Combatte toute peur, cultive l’Espérance,                                                                             Oppose à ce Malin sa ferme résistance,                                                                                  Rayonne intensément de douce humanité.

Que personne n’oublie, au creux de la tourmente,                                                                   L’aile du papillon influençant le vent,                                                                                              Le colibri pugnace et son appel fervent,                                                                                          Le réconfort donné par une main aimante.

Notre Histoire a connu de bien nombreux fléaux.                                                                         Au profond de la nuit, se prépare l’Aurore.                                                                                      A l’aune de l’amour que notre cœur arbore,                                                                                   Sa lueur se nourrit de tous nos idéaux.

BELLE ANNÉE 2021 à tous. 

Sylvie WEISSE

( Dans le troisième quatrain, il est fait allusion à l’effet papillon et à la légende du colibri)

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CONCOURS D’ECRITURE DE L’ENCRIER RENVERSE

33e concours francophone de L’encrier renversé

La revue L’encrier renversé, avec pour partenaires la Ville de Castres et le Crédit agricole Nord-Midi-Pyrénées, organise son 33e concours de nouvelles, ouvert à tous du 1er/1 au 15/5/2021 minuit. L’inscription est de 5 € (gratuite pour les mineurs et les participants de l’étranger et des outremers). Aucun thème imposé.                                                               Envoyer une nouvelle inédite de 15 pages max. (22 500 signes), en 4 exemplaires, au :

9, hameau En Priou, 81580 Cambounet-sur-Sor (FRANCE)                                               

Anonymat et quadruple lecture garantis, le jury final réunit les lauréats des éditions précédentes. Le 1er prix est de 1 000 €, le 2d de 300 €. Le prix Marie-Schembré (cumulable), de 200 €, récompensera un auteur de la Région Occitanie. Le prix Lycéens (cumulable), de 150 €, sera décerné à un auteur choisi par les lycéens. Le prix du Jeune espoir, de 100 €, sera attribué à un auteur de moins de 18 ans. Les meilleures œuvres paraîtront dans L’encrier renversé.

Règlement visible sur : encrierrenverse.canalblog.com

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CONCOURS DE POESIE 2021 DE LA SPAF – DELEGATION LORRAINE GRAND EST

Veuillez trouver ci-après les liens du règlement des joutes poétiques 2021 de la délégation Lorraine GRAND EST de la Société des Poètes et Artistes de France, ainsi que le bulletin d’identification.

A vos plumes et bonne chance!!

 

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ALBERT CAMUS, UN PHILOSOPHE POUR AUJOURD’HUI – Bernard APPEL –

A l’occasion de la pandémie, j’ai eu envie de relire « La Peste » d’Albert CAMUS, que j’engage d’ailleurs chacune et chacun à aller rechercher dans sa bibliothèque ou chez son libraire (quand il sera autorisé à rouvrir ses rayons), tant il nous parle intensément et lucidement de ce que nous traversons aujourd’hui. Et, à cette occasion, j’ai décidé de m’intéresser à nouveau de plus près à celui dont la pensée me semble être restée si précieuse pour éclairer notre monde actuel. Je me suis donc penché un peu plus dans le détail de sa philosophie, ravivant ainsi mes lointains souvenirs estudiantins. Je me permets de vous en proposer ci-dessous une courte synthèse qui n’a qu’une seule prétention : vous donner envie de faire comme moi et de venir ou revenir à la rencontre de ce penseur à mon avis essentiel.

Bernard APPEL le 26 novembre 2020

 Albert CAMUS est davantage connu du grand public comme romancier (« L’étranger » ; « La peste ») que comme philosophe. Il est pourtant l’auteur d’une œuvre philosophique importante qui a de très fortes résonnances à notre époque.

Camus est le philosophe de l’absurde : cette philosophie de « l’absurde » est principalement développée dans l’ouvrage « Le mythe de Sisyphe » que chacun connait : Sisyphe, un personnage de la mythologie, est condamné à hisser durant toute sa vie un rocher en haut d’une montagne très pointue; lorsqu’il parvient en haut, le rocher retombe et redescend à chaque fois ; ceci indéfiniment… Et Sisyphe recommence…et recommence à rouler son rocher vers le sommet…

Ce mythe c’est l’image de la destinée humaine et de l’aspect répétitif et machinal de nos existences ; la répétition se transforme en habitude ; c’est ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui : « le métro, boulot, dodo ». En outre nous avons la conscience de la certitude de notre mort, de notre finitude, comme horizon inéluctable de notre existence. Se pose alors la question : « A quoi bon vivre ? » Tout cela engendre l’angoisse, l’écoeurement et la nausée (c’est d’ailleurs le titre d’un ouvrage de Jean-Paul Sartre qui fait les mêmes constats). Le monde tel qu’il est nous apparait hostile, irrationnel, déraisonnable, comme s’il n’avait pas été fait pour nous qui sentons en nous, au plus profond, un désir éperdu de clarté, de logique et d’éternité.

Camus parle d’un divorce entre le monde tel qu’il est et nous tels que nous sommes. C’est ce divorce qui est au cœur de « l’absurde ».

Pour fuir cette réalité inacceptable, il existe chez l’homme des attitudes plus ou moins conscientes de fuite ou d’évasion. La première, la plus radicale, serait le suicide puisqu’il supprime la conscience. Camus le rejette car il considère que c’est de la lâcheté. La seconde, ce sont toutes les expériences humaines situées hors du monde réel, tel qu’il est, et qui donneraient un sens à la vie avec, en particulier, les croyances religieuses comme un tremplin vers l’éternité. Camus considère que c’est tricher avec le réel.

Il refuse donc toutes ces évasions et décide que, le monde étant ce qu’il est, absurde à jamais, il faut vivre avec ce que l’on sait, dans une absolue lucidité, avec la conscience permanente de l’affrontement entre les aspirations de notre esprit et le monde tel qu’il est, sans espoir qu’il puisse changer mais aussi sans résignation. Pour y parvenir, Camus transforme la tentation du suicide (physique ou mental) lié à l’absurdité de notre destinée, par la révolte.

« L’homme révolté » : C’est le titre de l’ouvrage dans lequel Camus développe sa conception de la révolte. Cette révolte est pour lui la seule position philosophique cohérente : elle est la confrontation perpétuelle de l’homme à sa propre obscurité ; elle remet le monde en question à chaque seconde ; c’est un défi absolu qui mène à l’engagement dans ce monde tel qu’il est pour tenter d’en améliorer ce qui peut l’être.

En assumant l’absurdité du monde, il ne la subit plus et devient profondément libre ; libéré des habitudes, des préjugés, des routines, des croyances. Il vit dans une lucidité sans appel face au monde tel qu’il est, présent à ce monde ; il devient seul et totalement responsable de ses actes. Parmi ces actes il sait que certains servent l’humanité tandis que d’autres la desservent. Cette conscience l’engage dans l’humanisme et, en conséquence, dans tous les combats contre la pauvreté, les injustices, la violence et tout ce qui déshumanise l’homme.

Cette révolte entrainera Camus à s’engager au parti communiste durant quelques années. Mais il le quittera un peu plus tard en raison du goulag en Union Soviétique et de l’invasion de Budapest par l’armée soviétique en 1956 ; il fait toujours passer la morale avant la politique.

En effet, si Camus accepte que la révolte puisse devenir révolution c’est à la condition qu’elle ne soit pas violente et qu’elle n’adopte pas les pratiques qu’elle condamne. Camus refuse que la violence et le crime soient utilisés comme moyens d’action révolutionnaire légitimes au risque de ruiner le principe ultime au nom duquel l’homme s’est révolté. Il refuse tout autant les atrocités déshumanisantes du goulag que celles du nazisme.

C’est cette position, plaçant la morale au-dessus de la politique, qui l’isolera de ceux dont il a un temps accompagné la démarche dite « existentialiste », c’est-à-dire Sartre et tous ses affidés.

Camus v/s Sartre :

Venons-en à la relation Camus – Sartre.

Ce sont deux personnalités très différentes c’est le moins que l’on puisse dire !

Camus est un petit blanc d’Algérie, pauvre mais riche de l’amour silencieux de sa mère illettrée et du soleil de la Méditerranée. Il est boursier grâce à son instituteur Monsieur Germain, mais tuberculeux. IL ne sera ni normalien, ni agrégé. Il sait la misère d’où il vient et ne veut pas trahir les siens. Quand il se risque à la philosophie c’est modestement et sur la pointe des pieds.

Sartre c’est le fort en thème, le super crack, l’enfant-roi grandi dans l’amour admiratif de sa mère. Son parcours d’enfant gâté de la bourgeoisie est tout tracé : Normale sup et agrégation. Une intelligence presque effrayante qui forge des concepts à qui mieux mieux. Il ambitionne d’être Spinoza ou Stendhal et il y parvient presque.

Sartre et Camus se rencontrent en 1943 au moment où Camus s’installe à Paris tout auréolé de son premier grand succès littéraire avec « L’étranger ». Pour Camus, être accepté dans le cercle d’amis du couple Sartre- Beauvoir est une forme de reconnaissance même si déjà l’on sent chez lui, du point de vue idéologique, une certaine liberté par rapport à l’orthodoxie existentialiste de Sartre.

La mésentente apparait vers 1947 au sujet de l’attitude à adopter à l’encontre du régime bolchevik en URSS : Camus pense qu’on doit condamner les goulags avec la même intensité que l’on a dénoncé les camps de concentration nazis tandis que Sartre prend parti pour l’Union Soviétique afin de ne pas nuire à la gauche française et reproche à Camus ses objections « sacrilèges »

La rupture va suivre. Camus écrit à Sartre une lettre de 20 pages dans laquelle il dit qu’il n’a pas envie de se laisser dicter ce qu’il doit penser par des intellectuels qui défendent certaines idées révolutionnaires tout en vivant dans le velours. Selon lui, toutes les formes d’injustices doivent être dénoncées sans considérations de politique politicienne. La réponse de Sartre est assassine et met en doute les compétences philosophiques de Camus quand il refuse de faire la différence entre les oppresseurs et les opprimés et qu’il empêche ainsi la possibilité de penser une révolution qui permette la libération des peuples. Cela engendrera une blessure profonde chez Camus.

La rupture est consommée et Camus se désolidarise de la mouvance existentialiste réunie autour de Sartre en réaffirmant ce qui restera l’essentiel de sa philosophie : « Nous portons en nous nos bagnes, nos crimes, nos saccages et notre tâche n’est pas de les déchaîner à travers le monde mais de les combattre partout dans le monde et d’abord en nous-mêmes ». Camus sera d’ailleurs à l’origine de la création d’un journal qu’il appellera justement : « Combat »)

A court terme, à l’époque, c’est Sartre qui gagne cette bataille d’idées et nombre d’intellectuels français, influencés par sa pensée, soutiendront encore longtemps le régime soviétique et tous ceux qui vont s’en inspirer. Camus sera accusé d’être «  naïf », «   traître à la gauche » ; il sera vilipendé par nombre des affidés de Sartre : il n’aurait pas suffisamment lu les auteurs de base (Hegel et… Sartre lui-même !) ; il serait  « un piètre penseur », un «  raconteur de paraboles » ; son ouvrage « L’homme révolté » ne serait qu’  « un bréviaire de philosophie édifiante sans autre unité que le vague à l’âme égotiste qui sied aux adolescents d’hypokagne et qui assure à tous coups une réputation de belle âme ». Sa révolte ne serait qu’ « une petite révolte édulcorée ».

Pourtant, aujourd’hui, avec le recul de l’Histoire, on réalise à quel point le dogmatisme et l’aveuglement de Sartre et de ses disciples ont pu tromper durablement toute une intelligentsia française face aux horreurs du stalinisme et de ses succédanés ( Pol pot, Mao Tsé Toung, etc…). C’est bien Camus qui, semble-t-il, avait raison et ce n’est que justice si sa pensée humaniste et non-violente semble revenir au goût du jour.  B.APPEL

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