Camille Claudel par Maïté PETIT

Camille CLAUDEL

Camille Claudel, artiste de grand talent, femme passionnée à la personnalité forte et entière et cependant fragile, eut un destin hélas tragique.

Elle nait en 1864, l’aînée de 4 enfants dont son petit frère Paul qui deviendra le célèbre poète et écrivain. Elle tient probablement son caractère contrasté, décidé et autoritaire de ses parents : Louis Prosper, son père, sauvage, taciturne et anticlérical et Louise Athénaïs, sa mère, toujours accablée de malheurs, distante et qui n’embrasse jamais ses enfants. La famille, de petite bourgeoisie, vit en vase clos; l’atmosphère y est austère et les querelles sont incessantes.

Peut-être influencée par “L’écorché”, sculpture de Ligier-Richier qu’elle a l’occasion de contempler souvent à Bar le Duc où elle passe une partie de son enfance, elle est très précocement attirée par le modelage qu’elle pratique avec la glaise  rapportée presque quotidiennement à la maison et où elle enrôle autoritairement ses frères et soeurs sur lesquels elle exerce un fort ascendant, parfois cruel, particulièrement sur Paul qui pourtant l’admire beaucoup.

Et dès l’âge de 15 ans elle est taraudée par le désir de sculpter. Mais il lui est impossible d’entrer à l’Ecole des Beaux-Arts alors interdite aux femmes. Elle s’inscrit donc en 1882 à l’Académie privée Colarossi (en payant le double des élèves masculins!). Elle y fréquente le milieu cosmopolite des artistes et se fait très vite remarquer par Boucher, sculpteur déjà confirmé, qui la conseille et l’encourage vivement. C’est lui qui lui fait rencontrer Auguste Rodin qui jouit déjà, à l’époque, d’une notoriété certaine.

Immédiatement elle est subjuguée; elle dit de lui : ” C’est un astre resplendissant qui donne vie à tout ce qu’il touche; il a des mains de magicien.” Dès 1884, elle travaille dans son atelier où elle taille les mains et les pieds des sculptures du maître, passage obligé pour tout élève. Mais bien vite son talent éclate et elle occupe une place de plus en plus importante dans l’atelier…et la vie de Rodin qui la consulte sur tout. Elle devient son assistante puis sa maîtresse.

Camille inspire Rodin qui est follement amoureux. Durant cette période leur vie affective et artistique est fusionnelle et l’on ne sait plus qui du maître ou de l’élève a inspiré l’un ou copié l’autre. Mais c’est toujours Rodin qui signe l’oeuvre achevée et Camille souffre de la situation d’autant plus que Rodin est marié et que leur relation doit rester secrète. Rodin ne quittera jamais sa femme et Camille l’accepte de moins en moins. Cela provoque des scènes violentes de plus en plus fréquentes qui aboutissent finalement à une séparation.

A partir de 1892, Camille s’installe donc seule et travaille éperdument pour son propre compte désormais. Elle taille dans l’onyx, le marbre et le bronze et réalise de nombreuses oeuvres telles la Valse, la Petite Châtelaine, l’Age mûr, l’Imploration, Persée, les Baigneuses, etc… La période est féconde. Pourtant la séparation d’avec Rodin la laisse désemparée et dans une profonde et insupportable solitude. Son amour, devenu haine, l’entraîne dans une paranoïa qui ne fera que s’aggraver.

La rupture définitive intervient en 1898 et à partir de cette date, désespérée, Camille s’enfonce lentement et inexorablement dans la dépression…Finalement son frère Paul, à elle toujours très attaché, mais qui n’a jamais accepté la vocation artistique ni le mode de vie de sa soeur, décide de la faire interner dans un asile psychiatrique où elle passera, en totale déshérence, les 30 dernières années de sa vie, oubliée de tous, sauf de son frère qui viendra de temps à autre lui rendre visite.

Malgré ce destin particulièrement triste et tragique, Camille Claudel reste pour nous, aujourd’hui, une femme au génie créateur immense et qui laisse une oeuvre abondante et frémissante de vie, de beauté, de passion et de sensibilité.

Maïté PETIT

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